Un choc ?

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4 On dit du psoriasis qu’il apparaît après un choc. C’est en tout cas une explication communément admise : deuil, séparation, accident, … tous les maux peuvent faire le mal, au-delà des douleurs qu’ils occasionnent. Toutes ces choses qui nous échappent, sur lesquelles nous n’avons aucune prise. A l’image du psoriasis lui-même … quoique.

J’ai pu rencontrer quelques psoriasiques sérieux. En effet, un choc est bien présent dans la plupart de leurs histoires. Et moi dans tout ça ? Rien. Pas l’ombre d’un choc. A cette époque en tout cas.

Comment expliquer les « petits » psoriasis alors ? Je n’en sais pas plus. Des petits chocs peut-être, présents au quotidien. On les catalogue en général plus dans la catégorie « stress ». C’est ce que je pensais aussi au début du mien, lorsqu’il était suffisamment insignifiant pour ne pas être envahissant. Stress, oui, je commençais à me résigner à cette explication. Mais le mal peut gronder en sous-sol.

J’en venais presque à le souhaiter ce fameux choc, même à retardement,  pour enfin trouver une explication, la piste qui me permettrait d’en finir. Mais comment ? Finalement, la connaissance de la cause ne permet pas forcément de trouver le remède. Il n’y aurait plus de psoriasis sinon.

J’ai pourtant eu ma quête du coupable. De cet accusé que l’on veut mettre au pilori à tout prix, au nom de la justice. Oui. Le pso est injuste, comment vivre avec ça ? Et pourquoi ? C’est malheureusement le propre de toute maladie d’être injuste …

La génétique. Voilà un coupable idéal. Je le tenais. Après quelques recherches et remémorations de souvenirs lointains, j’ai pris l’évidence pour claire : des cas de psoriasis sont à prendre en compte dans ma famille. Pas facile à découvrir, on n’en parle pas. J’ai souvent été questionné quant à mon mal, pour apprendre que telle ou telle personne en avait, dans d’autres proportions. Comme une fatalité ponctuant le quotidien. Et puis il y a ceux qui ne connaissent pas du tout, à peine le mot psoriasis. Combien j’ai envié les gens qui m’ont demandé si je faisais une allergie ou si j’avais été brûlé ! Eux ne connaissaient pas et étaient à l’abri. Tant mieux pour eux !

Mais la génétique n’est pas la seule coupable… elle ne vient pas donner à elle seule les explications qui rassurent. D’un sens, c’est tout aussi souhaitable car en l’état … la génétique est bien une fatalité contre laquelle on ne peut rien, a priori. Trop de maladies héréditaires viennent nous le rappeler à coups de campagnes médiatiques …

J’ai cherché le choc. J’ai pu trouver une explication. Un décès dans ma belle famille survenu dans un couple adorable de personnes âgées. Ils coulaient des jours heureux tous deux, amoureux comme au premier jour. La disparition d’un des deux évoquait pour moi la solitude à l’état brut, voire brutale. J’affectionnais particulièrement ces personnes, sans être un de leur proche direct. J’adorais leurs histoires et les évocations de leurs souvenirs, certains poignant dès qu’ils évoquaient la période de la résistance et du départ forcé d’Algérie, leur gentillesse, leur complicité, leur bienveillance. Une autre grande injustice cette disparition… Oui, j’ai pu transposé cette disparition qui me pesa.

Je m’en suis arrêté là dans la recherche de la cause. Cette explication pouvait être suffisante, c’est mon empathie habituelle qui me l’a soufflé à l’oreille.

Avec le recul, je me rends compte combien cette quête était vaine. Combien on s’attache trop à définir un coupable au lieu de trouver les solutions profitables et constructives. Pour ma défense, il s’agissait surtout d’un état profond de désemparement face à la situation. Un moment kafkaïen de passage … pourvu que ma tête reste bien en place à la fin.

A l’heure actuelle, l’hérédité est bien pointée comme une des sources du mal. Mais j’ai avancé depuis, me suis concentré sur les solutions et les pistes à explorer plutôt que sur les causes. Ne perdons donc pas de temps avec la fatalité et les explications… avançons.

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