Travailler l’esprit et le mental

Vaincre le psoriasisPosez vos questions !

11 En attendant de trouver un naturopathe, je continuais mes recherches, en m’ouvrant de plus en plus sur tous les sujets. Il est clair que je trouvais plus de pistes alternatives à la médecine que d’informations sur les traitements « officiels » eux-mêmes. Comme si nous vivions une période où un mouvement de liberté face à la médecine émergeait.

J’avais promis à ma compagne de chercher tout type de solutions, en fonction de mes aspirations. L’acupuncture par exemple est une discipline qui ne m’inspire pas, ne me donne pas envie, même si certaines personnes ont eu de bons résultats sur le psoriasis. Alors chercher tout type de solution, oui, mais uniquement celles en accord avec mes convictions. Venant d’une famille où la psychologie était bien implantée, ma compagne me proposa tout naturellement de prendre rendez-vous avec un psychologue pour travailler, non pas sur la peau seulement, mais aussi au niveau mental. Comme une majeure partie d’entre nous, je trouvais cela assez inutile. J’étais un grand garçon costaud juste un peu balloté du fait d’un psoriasis sur tout le corps. Nous nous sommes mis à chercher. Après tout, on parle bien d’un esprit sain dans un corps sain … Et il a été assez amusant de trouver quelques psychologues, spécialisés dans les maladies de peau. Je ne sais pas si cette spécialisation change fondamentalement les choses, mais autant emprunter cette voie.

Comme à mon accoutumée, je n’ai pas pris un rendez-vous dans la journée-même. Je faisais tout trainer comme expliqué précédemment. Mais le besoin d’action avait germé … Alors, malgré cet état d’inaction sur le déclin, j’avais noté des comportements jamais observés avant : je serrais les dents très souvent, je regardais mes pieds constamment, marchant comme un enfant coupable, je plissais souvent le front comme si j’étais dans une colère permanente, … Je crois que c’était normal. Un effet du à mon aspect, à ces plaies rouges que j’offrais aux regards extérieurs, à celui de ma compagne et au mien, à ces accroches quotidiennes, à cette lourdeur permanente… Des conséquences, peut-être, sûrement. En tout cas, suffisamment fortes pour voir dans la psychologie une aide parallèle et justifiée.

J’aime à présent remarquer quand je plisse le front inconsciemment et m’en défaire immédiatement. C’est facile avec un peu d’entrainement et d’habitude. A partir de l’observation, je regarde en l’air, respire un grand coup, calmement, et essaie de focaliser mon attention sur un bon souvenir, brièvement. Vous verrez comment les idées s’aèrent ensuite … les choses sont moins noires et on est prêt à repartir. C’est une des méthodes que j’ai trouvé ultérieurement pour combattre les petites accroches du quotidien.

Les premiers rendez-vous chez un psychologue ont été faciles à mettre en place. Il était beaucoup plus facile d’y parler, de se laisser aller et de tout mettre sur le tapis. J’étais plus enfermé dans un certain mutisme avec les autres et ma compagne. Au cabinet, je pouvais me laisser aller et mon psychologue m’y invitait.

Je ne savais pas de quoi parler précisément par rapport au psoriasis. Et pourtant je passais plus de 45 minutes à parler, parler, parler, encore et encore. Je sortais léger après chaque séance. Alors dans cette multitude d’idées exposées, certains points ont été notés par mon psychologue et nous avons travaillé dessus. J’apportais tout ce que je pouvais et il lançait les pistes de réflexions. Entre chaque séance hebdomadaire, j’avais l’impression d’avoir des devoirs à faire. Je voulais chaque fois arriver avec de nouvelles choses, avoir rebondi sur les points de la séance précédente. Comme pour les autres domaines que j’ai pu tester, je voulais y être actif, pas seulement attendre que mon psychologue me dise « vous avez ça, c’est parque ça. » Il ne l’aurait pas pu. Je crois qu’un psychologue doit être abreuvé par nous-mêmes, par notre passé et nos états d’esprits. Il réagit en fonction, en notant des points auxquels nous n’avons pu pensé car trop enfermés sur nous-mêmes.

C’est suite à ces premières séances que je me suis retrouvé, plus de 20 ans après son décès, à pleurer sur la tombe de mon arrière grand-mère. Ce n’était pas la première fois que je passais sur sa tombe pourtant. Mais cette fois-là, de véritables choses se sont produites. Et malgré la peine et la tristesse flagrantes, j’étais bien en sortant du cimetière, apaisé … 20 ans après. Il n’y aucune circonstance exceptionnelle dans cette tristesse, juste qu’elle arrivait un peu tardivement et qu’elle m’avait rongé toutes ces années. Je pense avoir refoulé un grand nombre de choses suite à sa disparition.

C’est la conclusion que je vois à ce travail psychologique. Nous croyons souvent que les embuches quotidiennes et les peines de la vie passent avec le temps. « Le temps guérit de tout. » C’est un peu l’idée. Après avoir pleuré pratiquement toutes les larmes de mon corps auprès de mon arrière grand-mère, je me suis rendu compte combien c’était faux. Nous enfouissons les choses. Mais les cicatrices sont toujours là. Elles s’amoncèlent insidieusement et peuvent faire déborder le vase.

Ce deuil soulagé n’était pas le seul point, ce n’était pas LA clef. Mais la démarche était lancée : réussir point par point à faire les comptes avec moi-même, à me lancer dans une archéologie personnelle profonde.

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