2 Habituellement, le psoriasis apparaît suite à un choc émotionnel. C’est en tout cas la cause la plus fréquente en vue des statistiques et des lectures que j’ai pu faire sur le net ou ailleurs, en dehors de son aspect génétique. Dans mon cas, il n’en fut rien. Il apparaissait, point. Je n’y prêtais pas plus d’attention. Et puis il a commencé à ronger timidement tout mon corps.
Début d’année 2008, des marques rouges, d’abord timides sur quelques endroits du corps , comme jetées au hasard, furent des répliques aux prémices annoncés. Comme tout un chacun : j’ai consulté alors médecin puis dermatologue. Le diagnostic fut sans appel : psoriasis.
Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? Comme beaucoup, je connaissais ce mot, ce mal cutané, sans plus de culture sur les causes et les remèdes. Il s’agissait bien de cette maladie dont tout le monde parle mais que personne ne connait finalement : le psoriasis. Le stress, je tenais l’explication commune. Facile à trouver, trop facile. Mais quel stress ? Je n’en avais pas plus que d’habitude. Le quotidien était le même, rien de plus, rien de moins, à part les années qui s’égrenaient. J’avais bien pris soin de tout enfouir sous une chape de béton, tous les mauvais souvenirs. D’ailleurs quels mauvais souvenirs, je n’en avais pas après tout. Ne se remémorer que les choses heureuses de la vie, rien d ‘autre. Oui, au quotidien c’est précieux. Cela nous permet ces soubresauts de joie, de bonheur instantané que nous affectionnons. Qui nous font tenir le coup. Consciemment, inconsciemment, peu importe, le débat n’était pas là. Je ne voyais même pas de débat.
L’explication la plus directe : le travail. Toujours montré du doigt comme source de stress.
J’ai donc bien envisagé cette piste.
J’allais changer de travail à cette période. Un projet d’entreprise plus porteur, une structure plus solide, pour tenir la même fonction, en tout cas plus prometteuse. Sinon à quoi bon changer ? Et puis, on fait toujours les bons choix non ? Sinon c’est se fourvoyer soi-même, s’auto-détruire en connaissance de cause.
Après un passage dans différentes sociétés, ce type de changement ne me provoquait plus de stress notable ou conscient en tout cas. Je partais de mon plein grès. Les premiers mois furent tout de même délicats : démarrage assez lent au niveau de mon activité, pas de nouvelles du projet pour lequel j’étais arrivé, déplacement en mission client pendant que je devais en gérer une autre à distance. Pas de stress dans ce changement d’emploi ? Certes. Mais il est vrai que j’eus du mal à trouver mes marques les premiers mois. Pourtant, avec l’expérience accumulée au fil des ans, je connaissais les recettes à mettre en place et savais qu’il fallait un certain investissement personnel pour faire avancer les choses. En ce sens, j’étais devenu plus actif dans mon destin professionnel et je comptais bien le prendre en main, fort des expériences passées. Lassé des promesses qui peuvent être faites, j’étais convaincu qu’il fallait se servir et ne pas attendre qu’on vienne le faire.
Alors, le stress était-il provoqué par moi seul ? Peut-être, je dois dire que je n’ai pas de réponse sur cet épisode. C’est celui qui m’a vu devenir une plaie ambulante en tout cas. Il n’est pas à négliger.
J’ai toutefois vite abandonné cette piste, en ayant beau la tourner dans tous les sens, elle ne menait nulle part, malgré les avis extérieurs. Je n’ai pas suivi les avis extérieurs, certains avis. Etait-ce un bon choix ?