Prendre soin de soi

Vaincre le psoriasisPosez vos questions !

15 Un élan fort était présent, c’est certain. Avec toutes les pistes que j’arpentais, les actions menées étaient suffisamment prenantes pour m’occuper l’esprit. Je crois vraiment que c’est d’abord l’action qui nous guérit. Parfois, un simple battement d’aile peut provoquer beaucoup, une vraie théorie du chaos. Il ne tient qu’à nous d’avoir cette minuscule impulsion. Agir, c’est se battre, se défendre. C’est aussi le mouvement constant qui nous permet d’éviter les coups bas. Une cible mobile est toujours plus difficile à atteindre, c’est bien connu.

J’avais cette impression de courir en quête d’un abri salutaire. Il ne s’agit pas de reculer face au danger, mais de remettre une stratégie d’aplomb, me remettre d’aplomb. « Une bonne retraite est meilleure qu’une mauvaise résistance. » Ils savent de quoi ils parlent les Irlandais, et sur ce point, j’étais tout à fait d’accord.

Même pour un mois, le temps paraissait long.  Et une séance hebdomadaire chez le psychologue n’était pas suffisante. J’étais parti dans de tels discours, de tels devoirs analytiques qu’il m’aurait fallu au moins deux séances par semaine.

Alors il fallait trouver des petites choses à faire au quotidien. Je commençais à en trouver la force.

Je parvenais à prendre certaines initiatives, à devenir « créatif », malgré un mutisme et un enfermement sur moi toujours existant en présence d’autrui. Oui, un niveau d’empathie proche du zéro absolu. La sympathie avec moi-même était déjà toute fragile, alors s’ouvrir aux autres … quand on est repoussant, ce n’est quand même pas si simple.

Je me souviens de ce jour où j’ai vu passer, langue pendante, un dalmatien transporté en voiture, nonchalamment appuyé sur une fenêtre arrière grande ouverte. J’ai ris sur le moment, mais ce fut tout de même un choc de voir cette copie animale de moi-même en noir et blanc… à cette différence que mes plaques étaient plus importantes et d’un joli rouge vif … le noir c’est si banal ! Non pas que les dalmatiens soient repoussants, mais ma condition humaine fut quelque peu ébranlée.

L’autohypnose et cette rencontre fortuite me revinrent alors en mémoire.

Facile de trouver des informations sur l’autohypnose. J’ai même trouvé un site vendant une bande son de vingt minutes spécialement dédiée à la lutte contre l’eczéma et le psoriasis. Aussitôt trouvée, aussitôt achetée, aussitôt écoutée. C’était assez étrange la première fois. Je n’ai pas pu fermer les yeux tellement je me sentais ridicule. J’ai pourtant fait tout ce qu’il y avait à faire. Isolé, allongé, à l’aise et le casque sur les oreilles, j’ai laissé passer ces vingt minutes en écoutant attentivement les instructions. Peut-être trop.

L’autohypnose est une pause bien agréable car elle permet une relaxation profonde si on fait l’exercice consciencieusement. Le déroulement en est simple. D’abord un échauffement. Ou plutôt une détente extrême. La voix nous demande de bien respirer et de penser à des endroits agréables dans lesquels nous nous projetons. En faisant l’exercice vraiment sérieusement, on atteint un niveau de bine-être intense et le corps est détendu.

Le schéma est ensuite de nous autosuggérer des images symboliques qui vont nous permettre de combattre le psoriasis. Il y a d’abord cette descente à imaginer. Je crois qu’elle correspond à une introspection profonde, une espèce de rencontre avec notre inconscient. Vient ensuite cette fontaine que l’on a qu’à imaginer. Il y a tout un cérémonial à produire avec cette eau, symbole de pureté, que l’on boit et s’applique sur le corps. Autant dans la vraie vie, j’exécrais l’eau pour ce qu’elle causait, autant cette eau magique imaginée était parfaite et bonne à boire. Et puis, changement de décor, en plein milieu d’un désert où le soleil accablant vient littéralement désintégrer les plaques rouges. Le cérémonial final consiste à se visualiser sans plaque, aucune. Enfin, un réveil en douceur accroché à ce compte à rebours.

La première fois, ce n’est pas facile, voire impossible. Mais il s’agit bien là d’un exercice et, en tant que tel, il doit être reproduit encore et encore.

Si bien qu’au fil des séances, je parvenais à m’endormir et à me réveiller lorsque la voix décomptait les 5 chiffres pour le réveil et la remise en train. Le plus agréable est que ces séances de vingt minutes équivalaient à une bonne nuit de sommeil. Et en effet, je me sentais de plus en plus léger après chaque exercice. L’effet sur le psoriasis ? Je n’en ai pas remarqué directement, mais l’effet relaxant est tel que je ne me serais privé de ces séances pour rien au monde. Ma compagne me disait pourtant qu’elle trouvait toujours mes plaques différentes après de telles séances. Même si je ne le remarquais pas, il était toujours prometteur que quelqu’un y voit une action immédiate.

Si l’on a besoin de se relaxer, de se détendre, réellement, je crois que ce sont des exercices à la portée de tout le monde. Il existe bons nombres d’applications de l’autohypnose.

Alors cette relaxation extrême me donna d’autres idées. J’en avais marre de me réveiller le matin, le cœur battant la chamade au moment où le radio réveil crachait ses décibels. Sincèrement, je me suis demandé si le premier état au réveil ne gouvernait pas, dans un sens, l’ambiance de mes journées. Alors tout simplement, j’ai investi dans un radio-réveil CD bon marché branché sur des enceintes d’ordinateur pour remplacer les attentats et les mauvaises nouvelles tonitruantes du matin par des bruits d’oiseau, de chants marins et autres musiques douces. J’avoue, il vaut mieux programmer l’heure de sonnerie vingt minutes avant l’heure habituelle, mais c’est un tel délice ! Plus jamais de tic tac, de sonneries ou de mauvaises nouvelles au réveil. Il y a suffisamment de temps dans la journée pour les découvrir et se sentir impuissant.

Des petites actions au quotidien, des petits changements auxquels on prend part en s’imaginant en action, en se relaxant. Cela peut paraître anodin ou ridicule, mais qu’importe. Face au psoriasis où à n’importe quel mal, il est important de nous réapproprier le terrain, de clamer haut et fort que nous sommes là et prêt à nous battre, en douceur.

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