En collocation avec le psoriasis

Vaincre le psoriasisPosez vos questions !

5 Au plus fort de la crise la vie parait étrange et sans saveur, comme une espèce de répétition quotidienne des mêmes gestes et une ritournelle entêtante des mêmes préoccupations.

Inutile de penser au psoriasis, il était là constamment et savait se faire remarquer avec malice par des moyens toujours plus imaginatifs. Suivant ses humeurs, il envoyait des sensations différentes. C’était une obsession de chaque instant. Chaque mouvement était un rappel à l’ordre. Pas moyen de trouver le repos, de ne plus y penser, ne serait-ce que quelques instants.

Les effets étaient nombreux.

Des démangeaisons aléatoires. Violentes. Profondes. Partout. A s’en décoller la peau et c’était le cas. Le moindre mouvement la soulevait quoi que je fasse de toute façon. Rouge pour rouge, autant y aller gaiement. Curieusement, se gratter était une jouissance infinie. Je devenais un épicurien du soulagement constant. Un bonheur intense à chaque geste, toujours accompagné par cette pluie de  peau, de particules blanches, ces petits bouts de moi qui tombaient lentement. Mais la jouissance avait parfois un prix. Il m’est arrivé d’arriver au sang. Et si ce n’était pas volontaire, cela se produisait pendant mon sommeil. De petites tâches de sang sur le lit m’informaient de ce que la nuit avait été.

Des brûlures soudaines. Une sensation de combustion spontanée. Impossible à réfréner. On pourrait penser que l’eau aurait fait du bien … j’en suis vite revenu. D’ailleurs, chaque douche était un calvaire, un chemin de croix aquatique. Sans compter la sensation de l’eau sur le corps qui repoussait les limites du grattage dans ses ultimes limites, la sortie de la douche équivalait à un séchage express dans la vallée de la mort. Et croyez-moi, je sais de quoi je parle. Aussitôt sorti, il fallait immédiatement s’enduire de crème hydratante. Je ne remercierais jamais assez son fabricant. J’aurais du acheter des actions du laboratoire qui la produit. Le cours aurait grimpé sérieusement à cette période.

Des douleurs. De vraies douleurs, au moment de rentrer dans le lit, de se baisser, de s’habiller, de bouger, de vivre. Parfois des couches doublement généreuses de crème ne suffisaient pas à assouplir la peau convenablement … J’avais un stock conséquent.

J’ai mis du temps avant de m’arrêter sur cette crème. J’ai longtemps cherché sur internet des moyens de combattre, ou plutôt d’apaiser le psoriasis. J’ai cherché des réponses aussi, mais il semble que je ne posais pas les bonnes questions, car ce fut un enchaînement d’expériences plus que désagréables. D’abord des questions sur l’apaisement. Que pourrais-je bien trouver pour apaiser le feu, les douleurs et le reste ? Et puis des questions plus profondes qui arrivèrent dans un second temps.

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