6 Il n’est pas toujours évident d’obtenir un rendez-vous avec son dermatologue… parfois les délais peuvent atteindre quelques semaines. C’est en tout cas l’impression qui persistait, je ne sais plus très bien. Le temps était, paraissait, excessivement long. Ou bien je n’avais plus le courage de bouger, étouffé par la torpeur qui me prenait à la gorge.
Il était évident que le psoriasis recouvrait plus de 30% du corps et il fallait donc les arrêter. De plus, vu l’état a posteriori créé par ces crèmes, il était flagrant qu’il me fallait stopper ce traitement. Je me sentais donc assez désarmé, dans l’attente du prochain rendez-vous.
Entre-temps, je me suis essayé à différents remèdes de grand-mère, mon seul moyen d’action en attendant. Il est sûr qu’on peut en trouver des idées sur internet, allant de la moindre plante en passant par les solutions miracles vantées par les liens dans les moteurs de recherche. Les idées ne manquent pas. J’ai navigué sur des forums, des sites produits, … J’ai plus eu l’impression d’être victime d’une grande machination qui visait à me faire perdre la tête et ouvrir grand mon portefeuille.
Mais en dehors de ces pièges, je me permets de les nommer ainsi, j’ai aussi trouvé des témoignages bouleversants. J’ai découvert avec peur que le psoriasis pouvait durer des années … certaines tranches de vie sont accablantes. Des enfants, parfois très jeunes touchés à de forts niveaux, des personnes survivant aussi depuis plus de 20 ans, plus encore parfois, vies sociales mortes, solitaires et recluses, … j’en passe. Finalement, le degré d’inquiétude montait au fil des liens hypertextes…
J’ai aussi trouvé des sites d’associations de psoriasiques. Je salue la démarche et espère qu’elle sied à certain(e)s. Mais le discours trouvé sur ces adresses web ne me convenait pas. « Vous n’êtes pas seul ». « Le psoriasis est une maladie de peau qui provoque une régénération des cellules en 2 ou 3 jours contre 28 en temps normal, provoquant irritations, rougeurs et démangeaisons ». J’en passe encore… le net regorge de définitions. Quel besoin de me présenter le psoriasis ? Si je veux prendre part dans une association, pourquoi me le remettre en pleine figure ? Non, ce n’était pas ce que je cherchais, alors j’ai passé mon chemin. Certes, je ne savais pas ce que je cherchais, je ne savais pas où chercher.
Je ne doute pas que certaines solutions puissent fonctionner sous certaines conditions. Mais dans mon cas ce fut le néant total.
Pire encore, il faut voir la souffrance occasionnée par certaines de ces solutions. Les boues de la mer morte par exemple : s’en badigeonner les plaques et laisser poser plus de 20 minutes. Elles sont sensées absorber les toxines de la peau par une différence de pH ou je ne sais quoi… je ne doute pas du bienfait en gommage sur une peau saine… C’est écrit, je vous assure, sur bon nombre de sites vendant ces produits … A part avoir l’impression d’être porté à 200°C de cuisson et de prendre 1h pour refroidir, je n’y ai vu aucun intérêt, à part une « auto-torture » proche de l’immolation par le feu. Je me suis même traité de fou pour avoir tenté l’expérience plusieurs fois. Si vous en voulez, il m’en reste un pot presque complet. Même si je suis tout à fait libre de l’utiliser à présent, l’odeur à l’ouverture me rappelle bien trop de mauvais souvenirs, de traumatismes autoproclamés. A part piller l’environnement sédimentaire de la mer morte, je n’en comprends toujours pas l’intérêt pour le psoriasis … ces matières, naturelles ou pas, ne sont que souffrances volontaires.
Non, décidemment, plus je testais ces produits alternatifs, plus j’étais convaincu du seul salut possible par la médecine, tout en ayant conscience que parfois les résultats étaient nuls …
Le jour du rendez-vous approchait. C’était mathématique. J’allais avoir un traitement.