21 Après ces quelques mois sereins, rien n’aurait pu me faire envisager un divorce. Non, rien, pas un seul comportement ou mot suspect, aucun détachement visible n’aurait pu me faire penser que j’allais rester sur le carreau … ou je n’ai peut-être rien voulu voir non plus. Au contraire, le quotidien était d’une telle fluidité que je me serais envié par procuration temporelle, donc impossible d’y songer et de plus, ce n’était pas vraiment l’ambiance de cette période. L’humeur était plus à l’effervescence du premier jour, comme 12 ans auparavant.
A croire qu’un quotidien amélioré ne suffit pas à cimenter la vie à deux. Je travaillais pourtant beaucoup le sujet. On pointe tellement ce fameux quotidien du doigt qu’il ressemblait à l’ennemi public numéro 1, enfin, beaucoup de couples autour de moi en parlaient comme du mal qui use, érode, taraude la vie à deux.
En fait, la vie en couple est plus compliquée que cela, n’est-ce pas ? Et bien malin celui qui arrivera à en recréer un modèle concret, une formule mathématique ou magique qui permettra une vie ensemble jusqu’à la mort. Au final, cette vie en binôme éternelle est-elle souhaitable d’ailleurs ? Je ne peux même plus l’affirmer. On nous la présente comme la méthode de vie ultime et souhaitable depuis des millénaires, mariage à l’appui. C’est pour cette raison que pendre une telle décision procède aussi d’enjeux inconscients qui peuvent vite nous submerger et fausser certaines initiatives ou leur contraire. Cet initiative c’est bien évidemment l’amputation avant la gangrène … cette opération douloureuse qui prive d’un membre à vie est bien dure à supporter, mais parfois tellement salutaire.
Invoquer le psoriasis comme argument, cause ou enjeu dans cette séparation est un raccourci que je ne me permettrais pas. Si le modèle du couple est une formule bien compliquée, celui de la séparation et ses causes est aussi épineux, voire pire du fait de la douleur et des sentiments atrophiés qu’il engendre. Alors, trouver des causes probables pour permettre la compréhension et le deuil, oui ; prendre la plus facile, non.
Nous avons passé deux mois à autopsier le passé, décortiquer 12 années et surtout les dernières pour analyser, tenter un sauvetage, mais au final anticiper la décision vers laquelle nous nous dirigions en courant. Je ne savais pas encore que j’allais pouvoir ressortir mon ancienne épée, l’affuter et repartir au combat. La nouvelle m’assommait déjà, l’action pouvait attendre encore un peu.
J’étais déjà conscient que le corps et l’esprit ont un lien plus fort que nous voulons bien l’entendre et nous l’imaginer. J’en ai fait l’expérience rapidement, sans encore parler de psoriasis.
Le soir-même de cette annonce d’un mal latent dans notre couple, déjà un mal physique pointait et m’a fortement inquiété, preuve que, décidemment, le corps réagit mal aux ondes de chocs. La décence et une certaine pudeur m’empêcheront de donner plus de détails sur le sujet.
Me voilà donc reparti seul dans la vie, claudiquant et perdu le long d’une route vide, situation improbable, j’avais l’impression que je me réveillerai un peu plus tard et que tout rentrerait dans l’ordre …
Je suis retourné voir ma naturopathe assez rapidement pour lui demander de l’aide. Elle est un peu magicienne après tout. J’ai apprécié son honnêteté : point question de me guérir d’un coup de baguette magique ce coup-ci, mais si le mal durait il faudrait songer à consulter un médecin, voire à me résigner à une opération. Ce fut pour moi la preuve que la naturopathie ne joue pas avec le feu et est bien inscrite dans son époque : on prévient et traite si possible de manière naturelle et par l’alimentation, mais on tire aussi parti des bénéfices scientifiques et médicaux actuels.
En apprenant que les intestins sont le siège des sentiments, ou des émotions je ne sais plus mais c’est assez proche, tout s’éclaircissait sur cette apparition désagréable. Au menu, marron d’Inde et graines de lins pour aider le corps et fluidifier un peu plus le sang, au cas où le mal physique soit du à un afflux sanguin trop important. Je ne sais pas si ces composants ont bien fonctionné, mais quand, un mois plus tard, cette boule disparut en deux jours, j’étais d’une part bien soulagé et d’une autre, je pensais qu’un certain chemin avait été parcouru dans mon esprit, ou en tout cas, que j’avais franchi une étape.
Comment ce premier stigmate est-il parti ? je ne sais plus trop, d’autant que le psoriasis n’a pas attendu pour refaire surface. Un choc ? Certes oui ! Cette fois il était clairement identifié et cette fois-ci j’ai vraiment eu peur …
Couple, rémission du psoriasis … voilà des thèmes finalement pas aussi bien acquis que je ne le pensais …
2 questions à ce chapitre
Je me rejouissez à peine de la bonne évolution de votre maladie …
Bon courage dans cette difficile épreuve
et merci pour le blog
Merci cricrouille ! Mais l’histoire n’est pas finie !
A ce moment, elle ne faisait que REcommencer