Témoigner sur le psoriasis ?
Je ne suis que spectatrice.
Je tourne et retourne les phrases. Voilà ce qu’il en ressort; juste ça, car le reste étant réellement sans importance, car derrière les plaques il y a l’autre et c’est cela qui compte, et que si la maladie a une place importante dans votre vie, elle n’est pas votre vie.
Le pso est la troisième personne du couple.
Un étranger pourtant si familier, on ne parle de lui qu’à la troisième personne, mais il est là, latent, indicateur de l’état général, du bien être ou mal être. Le signal d’alarme qui devient petit à petit une lanterne rouge, mettant sur le qui vive.
Souvent on prend des nouvelles,
« Comment va ton pso ? comme on peut demander, comment vas tu dans ton « toi » profond ? »
Appliquer de la crème sur les plaques de mon ami au début de notre relation, était une manière « d’apprivoiser » son pso, lui signifier que cela ne me gênait pas, et au fil du temps, c’est devenu un geste de caresse normal.
Dans un couple, il y a : toi, moi et nous.
Avec le pso, il y a : toi, lui, moi, nous.
Ce combat est le sien comme avec n’importe quelle maladie.
Sur le ring ils ne sont que deux, par contre dans le coin il y a l’autre qui va veiller, et donner le coup d’éponge magique, remotiver. Être là sans jamais monter sur le ring. Exercice difficile que d’être présent sans trop l’être.
La place que nous avons avec votre psoriasis est celle que vous nous laissez prendre.
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1 réaction à ce témoignage
Bonjour Missina
J’ai mis du temps avant de répondre à votre témoignage car il est (trop) criant de vérité. Je ne dois pas être le seul à personnifier le psoriasis comme un second moi – et un troisième indésirable dans un couple par voie de conséquence.
C’est un constat tout juste à mon sens … bien malheureusement …
Alors comment faire ? Je n’en sais rien … si cette troisième personne pouvait être éliminée, ce serait déjà un pas vers la guérison. Je l’avoue en tant que psoriasique (potentiel à présent), le poids du quotidien venait enfermer cette guerre contre mon double dans un mutisme flagrant qui ramenait tout à lui. S’ouvrir, faire comme si de rien n’était n’est pas une chose aisée, voire impossible, tant les jeux de miroirs et le culte de l’image parfaite est à son comble.
Et pourtant s’il y a une chose dont je suis sûr, c’est que les regards compréhensifs dénués de pitié ou de dégoût, les gestes attentionnés et l’affection portée sont autant de trêves apportées dans la bataille.
Rien n’est vain, tout est patience en fonction du chemin que l’autre est à même de mener. C’est une idée que je peux amener ce soir …
A bientôt !