
Être avec les autres en restant soi-même.
« Nous sommes souvent plus habiles à dire leur quatre vérités aux autres qu’à leur exprimer simplement la vérité de ce qui se passe en nous. Nous n’avons d’ailleurs pas appris à tenter de comprendre ce qui se passe en eux. Nous avons davantage appris à être complaisants, à porter un masque, à jouer un rôle. » dit Thomas d’Ansembourg.
Ce livre n’est pas le premier ouvrage de développement personnel que j’ai pu lire. Ce fut en tout cas l’un des plus convaincants. Même si ces traités ont parfois mauvaise réputation, leur présence de plus en plus visible dans les rayons des librairies m’a permis d’en prendre connaissance. Comme de coutume, à chacun de trouver ses propres voies, quelque soi le chemin à parcourir.
- Auteur : Thomas d’Ansembourg
- Édition : Les éditions de l’homme
- ISBN : 978-2-7619-2695-9
- 247 pages
Thomas d’Ansembourg s’est impliqué dans la gestion des conflits par une approche juridique et sociale liée à sa profession et ses actions bénévoles au sein d’une association pour jeunes en difficultés. Après lecture de la préface, je fus étonné de cette approche poussée sur la communication non-violente. Je ne voyais pas forcément le rapport avec le sujet du livre.
Il n’est pas évident de décrire tout ce livre en quelques lignes. Chaque chapitre apporte son lot de petites révélations, ces petits travers que nous pouvons avoir sans jamais souhaiter les regarder en face, voire même les refuser simplement, en bloc, quitte à arrêter la lecture.
L’aperçu des chapitres en dira déjà long.
Chapitre 1 – Pourquoi nous sommes coupés de nous-même, de nos sentiments ou de nos besoins.
On notera une approche toute psychologique de ce chapitre. Les bases y sont posées. Cette coupure avec nous-mêmes est présentée comme procédant d’un enracinement profond de comportements induits par notre éducation, notre société, … Nous faisons pour être reconnus et aimés, engendrant une rupture forte avec l’écoute de nos propres besoins, avec nous-mêmes donc. Cet écart entre nos propres gestes et notre moi profond provoque parfois des comportements inadéquats parfois faux, comme des incohérences de dialogue, voire de la gentillesse à mauvais escient dans un autre registre.
Chapitre 2 – Prendre conscience de ce que nous vivons vraiment.
Par des exemples concrets, la démonstration du chapitre précédent pour prendre conscience de la manière dont nous agissons. Cette prise de conscience est décisive pour réussir à avancer plus loin.
Chapitre 3 – Prendre conscience de ce que vit l’autre vraiment.
Une fois cette ouverture sur soi réalisée, nous sommes alors en mesure d’entendre réellement l’autre en respectant son espace, tout comme on a appris à vouloir faire respecter le nôtre.
Chapitre 4 – La rencontre.
Chapitre 5 – La sécurité affective et le sens, deux clés pour la paix.
Toujours dans l’action pour plaire, au détriment de ma propre personnalité, toujours en train d’imaginer ce que les autres pourraient en penser. Toutes ces relations construites sur le mode du « Je fais des actions par rapport au jugement que l’autre risque de porter sur moi. J’essaie de briller par ma conduite. ». Oui mais voilà… à force de procéder de la sorte, on finit par oublier une part fondamentale et essentielle de nous-mêmes qui, de plus, peut engendrer des erreurs de communication entre tous, et des incompréhension à terme.
Chapitre 6 – Nous renseigner mutuellement et partager nos valeurs.
Cette fois, il s’agit d’aller au bout de la démarche. Une fois cette prise de conscience validée, on est en mesure de bâtir de vrai relation, en étant « vrai » avec soi-même. Ne plus porter de masque permet d’aller plus et de profiter des personnalités de chacun, sans ambiguïté ni erreur d’interprétation possible.
Chapitre 7 – Méthode.
Un chapitre court, mais essentiel. Non, pas une méthode miracle ou une recette toute prête, mais quelques pages qui viennent conclure concrètement le grand propos du livre : s’écouter soi-même, sans jugement, sans se projeter sur ses préoccupations, sans tenter d’y trouver solution immédiate, …
Parfois à la limite de l’écriture infantilisante dans les exposés de dialogues, ce livre a le mérite d’exposer très clairement les modes de conversations expliqués au fil des pages. Je les ai trouvé parfois pénibles à lire, je ne peux m’imaginer parler de la sorte, mais ces récits ont le grand mérite d’être très clairs et donc pédagogiques.
Et le psoriasis dans tout ça ?
Il n’y a pas de rapport thérapeutique direct avec cette lecture. Aucun. Ce livre est bien destiné à tout le monde. La démarche acquise est en tout cas un grand pas vers l’acceptation de soi-même, tel que l’on est et invite à un mieux qui ouvrira des possibilités d’échange accrues avec autrui, sans fausses interférences. Lorsque l’on est atteint sur sa peau et que l’on sait le rempart qu’elle peut être, c’est un bien acquis précieux qui ne peut que mener vers le cercle vertueux de la guérison.
Par extension, on prend conscience de la vérité sincère et du bien fondé de ses propres actes. Ce que j’en tire aussi de plus précieux, c’est l’abandon de cette docilité construite, imposée au fil des années. Nous n’évoluons pas dans des sociétés qui nous apprennent à nous en défaire, au contraire, elles la construisent et nous la farde au fil des années. A l’école, seuls les bons élèves sont bien vus, enfant nous ressentons l’admiration de nos parents lors de nos bonnes actions ou de nos bonnes notes, au travail seuls les « bons » éléments sont récompensés. Alors pour échapper à ce dictat, nous tentons toujours de bien faire. Mais cette perfection de l’acte répond à des carcans externes, pas à nos propres ambitions. Il ne s’agit pas remettre en cause un modèle sociétaire, mais d’y trouver sa place, dans un échange fructueux où aucun ne sera lésé. Et pour ne pas être lésé, il faut d’abord apprendre à avoir le courage de s’exprimer.
C’est l’écoute sincère de cet appétit d’être qui nous révèle au grand jour, et les actes accompagnant cette acceptation de nous-mêmes sonnent alors harmonieusement.